SHELL : Hollow Projectile



En honneur à tout les boulets et obus officieux qui jamais n'ont osé se l'avouer.

Aujourd'hui n'est pas un jours comme les autres. J'ai décidé qu'il se déroulerait au gré de ma bonne humeur. Non pas que je me sente spécialement de bonne humeur mais juste bien. Alors aux lueurs d'une aube nouvelle en qui je crois, je pose les pied au sol. Sans le savoir je venais de mettre un coup de pied au cul de ma belle journée en retour de quoi je gagnerais le droit de la tartiner de daube (à volonté bien sur). Le plus marrant c'est qu'à cet instant précis j'étais un peu conne et naïve de bonne foie. Alors comme d'hab' je m'élance dans le quotidien emmerdant d'un étudiant fauché. Laver la vaisselle, se laver, nettoyer l'apparte, culpabiliser de ne rien foutre de mieux, regarder les offres d'emplois, culpabiliser de laisser les cours prendre la poussière, un baiser, un câlin, l'ordinateur, au programme tV encroûtage, bourrage de crâne et lobotomisation. Parfait doré à point pour bien assimiler toute ces conneries servis sur plateau hypnotiquement vaporeux.

Bien sur je ne fait pas partie de ces personnes à qui rien n'arrive jamais. Moi mon quotidien ne se résume pas à être si simplement chiant. Dès que j'ai un moment jme la joue fardeau, boulet et obus de chez Dior, Gauthier, ou encore Zadig et Voltaire. Chic et fun comme des courses au monop' de la com... En faite je n'suis pas née avec une cuillère en argent dans la bouche mais plutôt avec une cuillère en bois dans le cul. Et à mon grand malheur elle s'est cassé, le bout rond est resté coincé et je suis devenu gauche, braque, évaporé, hurluberlu (oui sa existe !)quoi!.


Du coup, j'y ai mis tout mon petit coeur d'enfant, chaque jour, j'oubliais mes chouchous sur une balançoire, mes serre-tête sur les banc publics, mes gilets dans les transport en commun. Assez grande je pouvais enfin m'attaquer à l'orthographe. Ce fût un vrai régal, je m'en donnait chaque jour un peu plus à coeur joixe, un "e" oublié, les accords complètement faux, les s et les x j'en parle même pas. (D'ailleurs je me demandes lorsqu'on oublie trop le pluriel cela se traduit-il par un délire psychomaniaque d'égocentrisme poussé ou tout simplement qu'on est un peu con, et pour les x ne serait ce pas la conséquence d'une frustration sexuelle, d'un boudage excessif envers le Q et sa déferlante ?  Moi j'pense que ça se peut, c'est même fort probable. M'enfin là n'est pas le sujet). Suite de quoi, j'ai boycotté l'orthographe. Et j'me suis lancé dans le boycotte des études. J'ai fièrement dit non à l'autorité professorale, et me suis retapé ma seconde un peu comme une conne. Et la malédiction se poursuivais. En âge d'aider ma mère à la maison pendant que papa travaillait (non ce n'est pas un schéma archaïque et patriarcale) j'ai fait des clang et des bangs dans un brouhaha claironnant laissant fourchette et casserole gire gésir au sol. 

Plus tard j'avais le droit de cuisiner alors tant que j'ai pu j'ai brûler l'huile des frites, badigeonner carrelage et plan de travail d'oeuf rattrapé par la gravité. J'ai jouis d'un manque de tact évident à l'égard de ceux de passage, je dit toujours au mauvais moment de belles bêtises comme on en entends si peu. Puis épuisant chaque bonne action, bon instant était toujours suivi de ma connerie grandissante et mutante à chaque nouveaux lendemain. Bien évidemment je n'ai pas abandonner pour si peu de pieds, de main et de mots frappant. Je n'ai guère échappé au courroux de proches et parents :  Autres si gentil, aimant, affectueux qui hurle à la boulette, au désastre, aux "qui m'a fichu boulet pareil entre les pattes", au prière et requête en tout genre "Bon dieu que tu es, qu'ai-je pu faire de si tordu pour que tu me punisses ainsi violemment avec cette benêtte" ou les "putain t'abuse". Et j'en passe, chaque situation un contexte de plus pour te sous-merdifier parce que bien sur, moi j'adore faire toute mes maladresses et couillonades.

Et comme le fer l'on ma forgé avec véhémence à ne jamais oublier  toute mes fâcheuse habitudes, à faire de moi ce qu'il voyait de moi c'est là que je devins mes actes. J'étais ce que je faisais.

Tout ça pour en venir à ma belle journée daubé par ma connerie. Pendant la vaisselle une babiole m'échappa des mains en faisant boum pour être sûr qu'elle soit entendu. CCl(=Conclusion): mini réprimande. Nettoyage de l'apparte, paf pif, prends sa dans ta gueule, un livre tombe, j'tape dans la porte....CCL : réprimande agrémenté d'un regard agacés preuve de la déception que je suis. Pause TV, plouf la télécommande. Puis 'veux boire un truc chaud, micro-onde chauffe et toc, le fusible saute. Dégoûté 'plus envie de boire du chaud. Re-lobotomie faciale, tv, tv, tv... Journée de merde. Il se couche, ptite douche pour me relaxer, enfin nu et sous la douche. Cling.... 300 euro dans la tuyauterie... Appel le copain, plus d'une heure pour récupérer l'anneau unisseur d'âmes en tout genre. C'était la goutte d'eau qui fit pétiller l'huile bouillante.

Il est 23h00 je n'ai plus le droit d'exister, je dois me faire petite, toute petite, invisible....


Intérieurement c'est le chaos. Je me mords les doigts, je suis si déçus de moi, même, je me sens shell, comme un obus lancé à toute vitesse, Hollow projectile, un simple projectile creux, vide de sens, a millstone, un boulet quoi.... J'm'en veux, d'être à ce point gourde et godiche. Et il m'en veux autant que je m'en veux. Tout est de ma faute, je me sens moins que sous-merde, il m'insuffle explicitement que je dois me sentir sous-merde, je m'applique à être non existante en me cachant entre mes bruns cheveux et baissant la tête aussi fort qu'un japonais en pleine révérence. On s'esquive, question lequel est le plus gêné dans ces mouvement, lui ou moi ?... 
Situation un peu con, au bout de 4H j'ai le droit à un regard, parce que je suis suspendue à la lune éclatante vu à la fenêtre depuis une heure. Mais je n'ai pas le droit de riposter, seul lui à la possibilité de faire une pause de boude, il décide là j'existe et là je n'existe plus. Et là soulager à moitié, j'vais pisser un coup, le PQ se fait la malle et j'l'enroule mal comme quand il tombe. Il passe au chiotte j'ai droit au regard agacé du "éspèce de boulette ambiante".

 Avant de me coucher, j'ai fait tomber un truc en ouvrant le frigo, seul avec moi même, il n'y a eu que moi pour m'entendre, mais j'savais pas vraiment si j'devais en rire ou en pleurer alors j'ai fait une ébauche des deux complètement agacé par ma propre connerie et mon comportement insoucieux.

Conclusion j'aurais du serrer dents et fesses et rester au pieu.



Mais cela ne reste qu'un vague subjonctif imparfait ou conditionnel, notre petit shell ne fait jamais comme il doit faire...il restera ainsi jusqu'en enfer.

Petite dédicace à vous tous, shell & millstone du monde.
See ALL Everything... RésuméBlogger